Demolition Man (20-07-2011)

Demolition man (El Demoledor en catalan [1])

 

Le mercredi c’est permis ! Afin de rendre un peu plus vivant cet endroit, j'ai décidé de modifier le rythme et la nature des publications. Donc le mercredi, vous aurez droit à un petit article. Souvent ciné, parfois BD, et (rarement) littérature...

 

Aujourd'hui, c'est ciné ! (leit motiv barbuesque)

 

Soyons honnêtes, l’objectif n’est pas de vous parler d’actualité ciné. Pour ça, d’autres le feront beaucoup mieux que moi. Je vous propose, en revanche, de revenir sur des oeuvres emblématiques de la culture geek, ou simplement des choses peu orthodoxes et qui ont marqué leur genre (à grand coup de tête pour la plupart !).
 

"- Ne me regarde pas avec ces yeux Jack. - Oh Rose..."

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur le film Demolition Man sorti en 1993.

 

Synopsis
 

Le scénar’ tient sur un timbre poste. Stallone incarne John Spartan, super flic, ultra bourrin issu d’une société cyberpunk correspondant à nos années 90 et qui va se faire coincer par le diabolique Simon Phoenix. A l'instar de DSK, et grâce à une entourloupe de première mettant en scène des otages déjà morts et une grosse explosion, notre héros se retrouvera jugé et condamné au frigo au même tarif que son ennemi juré. Oh l'injustice !
 

Quarante années filent dans notre prison cryogénique quand, un beau jour, Simon Phoenix parvient à s’échapper. La police de ce nouveau monde pacifique et aseptisé, habituée à répréhender les menus délinquants se retrouve alors en désarroi total, ne sachant plus comment attraper un tel criminel.
 

La solution s'impose d'elle-même : décongeler le type qui l’a arrêté 40 ans plus tôt (et regarder la ville brûler joyeusement, dommage collateral).
 

Le saviez-vous ?

Une des phrases cultes du cruel Simon Phoenix est d’utiliser la fausse interjection “Simon a dit [...]”. Il s’agit d’une triste traduction de la version américaine. En effet, au pays du gras, le jeu “Jacques a dit” existe sous la forme “Simon says”. Il provient d’ailleurs du jeu de mémoire “le Simon”, où vous entendez une séquence de sons de plus en plus longue, et devez, tour à tour, la répéter en la jouant vous-même. Donc, si les traducteurs avaient voulu pousser le vice à son paroxysme, Wesley Snipes se serait appelé autrement...

 


Derrière le film
 

Malgré l’emballage d’action (réussi), on remarque qu'il cache de nombreuses références lui permettant de s’insérer dans un courant d’idées un chouilla plus profondes.
 

La partenaire de John est jouée par Sandra Bullock et se nomme Lenina Huxley. John et Lenina sont en fait deux protagonistes du livre “Le meilleur des mondes”, oeuvre marquante du romancier Aldous Huxley (ndlr : il s’intitule “Brave New World” en version originale, lui-même en référence à Shakespeare).
 

Comparons les deux oeuvres. John (Spartan) est un flic bourrin dans la première, avec des besoins simplistes et une incompréhension générale pour ce monde moderne. Dans la seconde, c'est un "sauvage", né d’une mère naturelle et qui vivra un enfer dans cette société inhumaine. D'abord fasciné, puis dépité et jaloux, il perdra pied en définitive.

 

Par delà les ressemblances entre protagonistes, il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer les similitudes au sein des deux univers.

Il s’agit de deux dystopies (même si certains discuteront ce point du côté de Demolition). Dans les deux univers, le sexe ne peut conduire à la procréation légale, la civilisation est scindée entre les civilisés (monstrueux d’inhumanité) et les sauvages (vivant dans la saleté mais ayant conservé l’histoire, le théâtre et la philosophie). On note également un dangereux conditionnement de la population soumise ainsi qu’un paroxysme au niveau de la société de consommation.


Pour les besoins du film, le sexe ne sera d’ailleurs pas du tout traité de la même manière.

 

Le saviez-vous ?
 

Il est fortement présumé que la série de jeux vidéo Halo a rendu hommage à ce film en nommant son personnage “John Spartan-117”. Le patronyme étant un gros copypasta de Stallone. Quant au chiffre, notre Demolition man était retenu captif dans la prison cryogénique “Prisoner-117”.
 

Quand la solution à un monde embrasé est : "Encore plus de feu ! Youpiii !"


En conclusion
 

Si vous le pouvez, lisez d'abord le livre d’Aldous (culte, soit dit en passant) et matez-vous ce petit film ensuite. Je pense qu'il vaut mieux respecter cet ordre, sans quoi, le film vous paraîtrait sans fondement, et peut être un peu simpliste. Au final, je le trouve très réussi, on peut le percevoir tel une mozaïque bariolée au milieu d'une fresque dantesque. A part ça, vous ne vous ennuierez pas un instant (c’est une grosse parodie du cinéma d’action fin-de-siècle-dernier à base d’explosions de phrases choc, et rempli de scènes cultes).


Pour finir, je m’étais promis d’éviter les analyses ciné masturbatoires à base de mots pseudo-savants avec une moyenne de 5 syllabes... J’ai quand même utilisé interjection, dystopie et merde... masturbatoire aussi ! FAIL.

 

[1] Ce que je comprends comme voulant dire "Le Démouleur".

 

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Le Barbu
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